travailler au black

Bakchich ? Travailler au noir ? Travailler au black ?

Alors éternelle question ? Devons-nous faire ou pas du « black » en immobilier ?

On ne peut répondre à cette question sans s’en poser une autre :

Quelle est votre ambition ? Selon votre réponse à cette deuxième question, ma première réponse sera différente. En effet, le fait de ne pas déclarer l’ensemble de ses revenus au-delà du risque que cela induit, vous empêchera d’être ambitieux (selon moi). Je vais essayer de répondre à cette question de manière logique.

 

Commençons par la réponse qui me semble la plus plausible.

A savoir : je fais du black pour améliorer mon quotidien. C’est vrai ! Faire du black c’est gagner plus et donc pouvoir dépenser plus.

 

C’est justement le principe du black et donc ce paragraphe est pour ceux qui soutiennent ce genre de « modèle d’enrichissement » et qui considèrent que l’on gagne de l’argent ainsi. Ne pas nourrir les institutions bancaires, ne pas nourrir l’état, la sécurité sociale et autre… En bref se payer soi sans rien donner au système ni à personne d’autre. Sur le principe je ne peux faire celui qui ne comprend pas la logique. Il va de soi que mathématiquement, si vous exonérez un revenu de toutes charges qui pèsent sur lui, inéluctablement vous gonflez vos gains directs. Donc dans ce processus d’enrichissement direct les sommes étant plus conséquentes, dans votre raisonnement vous pensez gagner du temps car vous accumulez plus de richesses à chaque « coup ». Sur ce principe, certes vous avez gagné de l’argent.

L’autre avantage que l’on peu invoquer est que l’argent « frais » permet une meilleure négociation, ou un meilleur « rabais » sur un prix et donc on gagne encore de l’argent.

Enfin le black permet de cumuler les revenus. Certains pratiquent une seconde activité qui est rémunérée sur ce modèle afin d’augmenter considérablement leurs ressources.

 

Oui, mais…

Si vous êtes ambitieux… Vous voulez gagner de l’argent, beaucoup d’argent ?

Le black est alors votre ennemi.

Pas facile de voir en quoi, après ce que je viens d’écrire !

Pourquoi ?

Parce que comme je le dis (ma banque & moi), pour gagner de l’argent, mieux vaut connaître quelqu’un qui a de l’argent… Et nous connaissons tous quelqu’un qui en a, et beaucoup !!! Evidemment je parle de : Notre banque.

Eh bien me direz-vous, en quoi cela va-t-il vous enrichir ?

 

En fait, il n’y a pas, ou peu de manière de s’enrichir.

Réellement, en considérant même toutes les manière possibles on finit par réaliser qu’il n’y a que par l’investissement que l’on génère de la richesse.

Que l’on soit une entreprise, un particulier ou autre, il va falloir investir tôt ou tard pour pouvoir ensuite récolter le fruit de son labeur.

Attention, j’insiste sur investir. J’ai choisi ce mot plutôt que celui de crédit. Car on investit d’abord. Le crédit n’est qu’un outil très souvent nécessaire à l’investissement.

 

Ainsi l’ennemi de l’investissement est le Black. Car pour valider un investissement auprès d’associés, de financiers, de clients ou encore d’intervenants, il faut aligner des chiffres. Être capable de fournir des éléments concrets sur lesquels tout le monde peut s’appuyer. Et pour cela il va vous falloir montrer ce que vous savez faire. Et si vous venez de passer 5 ans à économiser du black sous votre matelas, et que vos comptes sont justes corrects, cela risque d’être compromis.

Le black comme son nom l’indique est la zone d’ombre (ou noire si nous devions être exact). Une zone sur laquelle on ne peut s’appuyer, ni se fier, c’est bien tout le problème dans le cadre d’un financement. Il faut bien comprendre que je ne peux nier que trop d’impôts finissent par user le contribuable ou l’entrepreneur. Et bizarrement en matière d’impôts tout le monde est assez d’accord là-dessus, on en paye toujours trop ! Pourtant je vous assure qu’avec des impôts, de l’argent et du bon sens vous vous enrichirez deux fois plus vite !

 

J’aime assez illustrer mes affirmations par des exemples. Je vais vous en donner deux :

Le premier concerne une entreprise que j’ai voulu acquérir. Tout été correct concernant les éléments. Puis vient le moment de parler du prix.

En effet je savais que j’allais devoir faire une grosse négociation car il y avait un écart non justifié entre le prix affiché et le chiffre d’affaires.

Seulement voilà, l’écart c’était le black…

Cette histoire est courte car vous imaginez bien que je ne pouvais croire les allégations du vendeur qui se basait sur de simples paroles. Difficile de vendre son entreprise au juste prix quand on cache 30 % de son chiffre d’affaires.

 

Une autre histoire, encore plus marquante :

Je vais vous raconter l’histoire de Monsieur P. Une histoire vraie, et qui a le mérite, lorsqu’on l’entend, de ne pas laisser indifférent !

Ce Monsieur faisait du black, il ne faisait que ça d’ailleurs. Si je devais faire un rapport, je dirais 80% de black pour 20% de déclarés. Monsieur P. n’a pas toujours fait du black, mais à un moment il prit cette décision.

Il vivait ainsi depuis fort longtemps, et gérait son affaire de sorte que ses recettes payaient juste ses frais ; le reste étant du black… Beaucoup de black ! Je parle d’une somme importante à la limite de la démesure. Une somme accumulée depuis des années qui représentait sa retraite. Je ne donnerai pas de montant, par discrétion et respect. Vient alors une interrogation évidente, néanmoins légitime : Où était son argent ?

Eh bien il le cachait dans le fond de son jardin à un endroit très précis. Pour être plus clair ils avaient, sa femme et lui, une piscine. Et cette dernière n’était plus en eau depuis de nombreuses années, depuis que leurs enfants avaient quitté la maison. Du coup, Monsieur P. avait sorti, bâché et protégé tous les éléments de la piscine qui nécessitent un entretien. Seul l’échelle qui permettait d’accéder à la partie profonde du bassin avait était retirée et posée à même le sol dans un coin de leur jardin. L’échelle est à cet emplacement depuis de nombreuses années, et sans que plus personne n’y prête attention elle commença à rouiller.

Et cette échelle posée à même le sol, abîmée, recouverte de plantes était un bon indicateur. Pour ne pas éveiller les soupçons, il choisit donc de déposer son argent dans une boîte enterrée sous l’un des pieds de cette échelle. Seul sa femme et lui sauraient où est leur argent. Et à leur retraite, ils récupéreraient le magot, vendraient la maison, et profiteraient de la vie ! This is the plan !

Mais dans la vie rien ne se passe jamais comme prévu…

 

Comment ai-je eu vent de cette histoire ? Au départ je connaissais quelqu’un ami avec la femme de ce Monsieur, par la suite j’ai rencontré Monsieur P. lors d’une soirée où il m’a raconté lui-même un bon bout de cette histoire. Ainsi de fil en aiguille, j’ai recollé les morceaux et je peux vous raconter ceci :

Il arriva un jour où la somme commença donc à devenir importante. Si importante que lorsque le voisin regardait en direction de l’échelle, sa femme (de sa fenêtre) se demandait si il n’était pas au courant de quelque chose ?

Pourtant, la somme continuait de grossir, et les suspicions étaient de plus en plus invraisemblables ! Pire que ça, le couple pensa un instant amener cet argent à la banque, tant la somme les rendait paranoïaque. Mais problème : comment amener tout cet argent ? Comment en justifier ? La seule idée réaliste est alors d’amener un peu d’argent petit à petit, mais au vue des montants qui entrent, et de la somme… c’était impossible.

Finalement, les choses continuèrent ainsi, sans que rien n’entrave le processus ni la somme de grandir !

Monsieur P. est maintenant à 3 ans (ou 4 ans) de sa retraite… Il commence à anticiper la cessation de son activité car il savait que compte tenu de son choix, il ne pourrait faire autrement que de fermer et non de vendre son commerce.

Ce jour-là était un jour comme les autres, et lorsqu’il vous raconte l’histoire, même si il en rigole, on comprend vraiment l’expression : rire jaune !!!

 

Un jour, son téléphone sonne, sa femme affolée en pleur, bégaie tout en baragouinant des mots incompréhensibles. La seule chose qu’il comprend alors c’est : feu !

Feu ? Qu’est-ce qui brûle demande-t-il pour analyser le problème.

Les mots de sa femme ne lui permettent pas d’identifier quoi que ce soit.

Il passe alors la voiture, la maison, les meubles, sur la voix de sa femme pleurante et toujours incompréhensible…

D’un coup un autre mot ressort : Echelle !

Sur le coup il ne comprend pas…

Une latence qu’il dit lui-même relativement courte mais tout de même assez longue. Pour autant, il ferme grossièrement son commerce et fonce à son domicile pour venir stopper l’incendie.

Les billets ont brûlés, et la somme s’est retrouvée amputée de 1/10 de la somme. Ce chiffre représente les billets perdus définitivement. Autant vous dire très peu. Je crois même qu’il s’agit d’un chiffre bien inférieur à celui-là.

Au final, 2/10 des billets sont intacts. 7/10 ont brûlé à moitié ou plus…

 

Je vais revenir ensuite aux billets.

Mais d’abord l’incendie.

10 ans de suspicion concernant un voisin qui les aurait vu déposer l’argent dans une boîte, entraîne forcément des soupçons. Pour le coup infondés, l’incendie a été déclenché par une cigarette jetée de la route. L’enquête a été catégorique, et le voisin ne fumait pas de toutes façon… Fait amusant, sa femme est quand même persuadée que c’est lui, car il sait, dit-elle… Il sait quoi ? C’est la question !!!

L’argent maintenant. C’est le point qui nous intéresse… Figurez-vous que par chance, la Banque de France vous remplace l’ensemble des billets abîmés tant que le numéro inscrit dessus est identifiable… Cependant dans notre cas, Monsieur P. n’a jamais déclaré aucun de ces billets à l’administration fiscale… Au vu du montant en jeu, je peux vous assurer que malgré la difficulté de la situation, il n’avait pas vraiment le choix… on parle de montant qui pourrait être proche d’un petit loto, et en €uro !!!!!

En vérité Monsieur P. a bien dû se poser la question, mais lorsqu’il raconte, il va directement à la Banque de France pour récupérer son argent… Mais il ne mentionne pas le cheminement qu’il a dû effectuer dans son esprit, car il savait ce qui l’attendait.

Il a bien récupéré la quasi totalité de sa somme initiale, mais assortie d’un joli contrôle fiscal. Lorsqu’il en parle, il vous dit qu’il s’est fait déplumer… qu’il est en faillite personnelle et que tout va mal pour eux.

Il a repoussé sa retraite, de 10 ans environ ! Le temps qu’il s’est donné pour remettre sa société « droite ».

Sa femme ne veut plus entendre parler de black, et lui non plus.

Il en rigole beaucoup aujourd’hui, et il le dit lui-même : « si j’avais su, j’aurais fait autrement ».

 

Au moment où j’écris ces lignes, il a vendu son commerce, encaissant une somme imprévue initialement. Il n’a pas travaillé 10 ans supplémentaires, mais 8 ans de plus en toute honnêteté et a pu ainsi acquérir les murs de son local, acquisition inenvisageable avec son ancien système de black.

 

Ils sont aujourd’hui tous deux à la retraite et j’imagine qu’ils profitent de la vie !

 

Une drôle d’histoire que je ne veux pas que vous preniez pour de la moralisation.

Mais tout simplement que vous puissiez en tirer la déduction qui s’impose.

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